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10 450, c’est le nombre de km qui séparent Kévin et Ronan, les deux fondateurs de l’entreprise. On vous laisse aujourd’hui faire la découverte de Ronan, de son parcours qui l’a amené à l’entrepreneuriat à sa vie actuelle au Vietnam !

Quel est ton parcours scolaire et professionnel ?

Après avoir obtenu un BAC ES en 2009, au cours duquel j’ai rencontré Kevin, j’ai étudié le Droit sur Nantes jusqu’à la License 3, puis j’ai fait un Master Science-Politique de l’Europe à Madrid (Espagne). De retour en France, j’ai poursuivi mon Master en Science-Politique, Solidarité Internationale, Action Humanitaire et Reconstruction chez les Ch’tis.

Ensuite, je suis parti en avril 2014 au Vietnam pour travailler au sein d’une organisation non gouvernementale espagnole appelée CIDEAL.  Pendant un an et demi, j’étais assistant chef de projet, jusqu’à la clôture du projet de développement économique et social de 4 communautés dans la province de Thanh Hoa.

Puis, l’aventure N’go se dessina peu à peu…

 

Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir créer une entreprise, en particulier dans la mode éthique ?

Amoureux de mon métier, j’ai d’abord recherché un autre poste au sein d’une ONG ou organisation internationale des mon retour en France. Puis, je me suis vite rendu compte que c’était un secteur très bouché, dans lequel on ne donnait aux gens que très peu d’opportunités de faire sa place.

« En revanche, j’étais convaincu de vouloir travailler dans le milieu social et venir en aide aux gens dans le besoin et à celles et ceux qui voyaient leur activité disparaître peu a peu. »

Lorsque Kevin est rentré du Mexique, il avait une profonde envie de changement dans sa vie professionnelle et de mon côté, je savais que si je voulais atteindre mes objectifs de vie, il fallait que je finance moi-même mon activité. Pendant que nous buvions des bières (car nous sommes avant tout des amateurs de bonne bière), nous nous sommes mis à rêver d’une auberge de jeunesse qui fonctionnerait à 100% avec des ressources naturelles…puis, après quelques verres, nous venions de réaliser que ce rêve ne serait pas pour maintenant car nous n’avions pas les moyens financiers (toujours pas).

Quelques jours plus tard, nous nous sommes retrouvés à la maison et c’est là  que tout a commencé: Voyages, artisanat, expérience au Vietnam, pays du textile et de la chaussure, pays en voie développement…Nous étions sûrs que notre histoire devait s’écrire au Vietnam.

Mais pour quoi faire ?

Soucieux du sort des artisans vietnamiens qui abandonnent peu à peu leur savoir faire, nous étions tous deux d’accord pour inclure cet artisanat dans notre « conception ». Ce pouvait être des sacs, t-shirts, pantalons, bracelets ou bien bonnets mais les chaussures étaient naturellement choisies : Je me souviens encore que lorsque j’avais 10 ans et que nous allions sur Paris avec ma famille, j’entrainais ma sœur et mes cousines à dénicher la dernière paire de Air Max Tailwind 5 qui venait de sortir et que l’on ne trouvait que dans les minuscules boutiques de sneakers au fond du Marais ou bien Porte de Clignancourt. Et ça ne s’est pas amélioré avec le temps, croyez-moi…

Le projet était de taille car faire une chaussure, qui plus est avec de l’artisanat et l’ajout de matières respectueuses de l’environnement, c’est très technique pour un comptable et un spécialiste en gestion de projet de développement…Mais, « le jeu en vaut la chandelle Larmina ».

Quelle est ta tâche au sein de N’go ?

Tandis que Kevin s’occupe de la partie en France, je m’occupe de l’étranger. Basé au Vietnam, je gère naturellement la production de A à Z : sourcing, design, conception, fabrication, et contrôle qualité. Donc si vous avez des soucis avec vos sneakers, c’est moi le coupable haha.

Ronan à l'usine au Vietnam

Toutes ces missions me passionnent mais n’oublions pas non plus la collaboration avec Thomas de Sao Bien et ses partenaires locaux vietnamiens avec qui nous choisissons les projets de construction d’écoles primaires. Cela se rapproche plus de ma formation donc c’est l à où je suis le plus à l’aise (même si je ne suis qu’un junior).

Depuis début 2019, je m’occupe également de la logistique depuis le Vietnam jusqu’en France et de l’export international de nos chaussures (partie commerciale).

Qu’est-ce qui te rends le plus fier chez N’go ?

« Au delà de ce que nous avons accompli en terme de design, technicité et vente dans quatre pays du monde, ce qui me rends le plus fier, c’est le fait d’avoir pu construire des écoles primaires pour des enfants qui avaient décroché du système scolaire. »

Ces jeunes, âgés de 6 à 11 ans, sont issus de régions montagneuses complètement isolées du reste du pays et lorsque la saison des pluies arrive, aucune infrastructure n’est prévue pour qu’ils puissent étudier en toute sécurité. Grâce à l’ONG Sao Bien, ses partenaires locaux et l’équipe N’go, nous avons pu construire 3 écoles qui accueillent chacune un minimum de 60 élèves. Ainsi, ils peuvent venir étudier sans que leur famille ne s’inquiète pour eux.

Et nous vous le promettons, nous ne nous arrêterons pas en cours de chemin. Beaucoup d’autres écoles seront construites et de nombreuses artisanes vont peu à peu rejoindre le projet N’go afin qu’elles puissent avec leurs familles, vivre décemment de leur savoir-faire.

Ronan , Kévin et les artisanes au Vietnam

Aussi, je dois dire que le fait d’avoir intégré Anaïs à la team N’go ne me rends « pas peu fier » ! Qui aurait cru qu’un jour j’aurais été de l’autre côté de la table ?!

Cela nous donne encore plus de responsabilité de réussir mais je pense que c’est un stress très positif et stimulant. Et elle nous le rend bien

Et pour terminer, qu’est-ce qui te manque le plus au Vietnam ?

Passer un été en France pour y faire des barbecues entre potes. Et bien sûr, le kayak polo…