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Passer de comptable à co-fondateur d’une marque équitable & solidaire c’est possible ! Kévin vous dévoile ici son parcours et ses ressentis sur la vie d’entrepreneur.

Quel est ton parcours scolaire et professionnel ?

Après avoir longtemps voulu être professeur d’histoire géographie puis d’espagnol, j’ai pris la voie de l’économie et de la gestion. Un DUT GEA (Gestion Entreprises Administrations) à Nantes entrepris après un BAC ES, au cours duquel je décide de continuer mes études pour devenir expert-comptable.

En 2014, j’obtiens mon Master 2 CCA (Comptabilité Contrôle Audit) et mon DSCG (Diplôme Supérieur Comptabilité Générale).

Jusqu’à l’été 2018 j’ai exercé au sein d’un cabinet d’expertise comptable pour accompagner les créateurs et repreneurs d’entreprise.

Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir créer une entreprise, en particulier dans la mode éthique ?

Au début passionné par mon travail, je finis finalement par me lasser. Me lasser d’une vie de bureau qui ne me correspond plus, mais également de la politique salariale menée au sein des cabinets, pour laquelle je n’adhère pas.

« Je ressentais le besoin de me sentir utile, d’être fier de ce que je fais pour retrouver une raison de me lever le matin. Pour moi, la seule solution était de lancer mon propre projet correspondant à mes valeurs. »

A force de voir et d’accompagner des entrepreneurs, j’ai aussi eu l’envie d’entreprendre. J’avais envie d’adrénaline et  je voulais mener un projet porteur de sens.

C’est finalement durant un voyage au Mexique en décembre 2015 et quelques rencontres déterminantes que le déclic est arrivé. Quand je suis rentré en France quelques semaines plus tard, j’étais déterminé à changer de voie.

« Ne pas savoir ce que nous serons et ferons d’ici quelques années me stimule énormément. Certains en ont peur mais c’est justement ce que je trouve magique dans la vie, que tout soit possible. »

Créer, oui, mais quoi ?

J’ai pris beaucoup de temps en dehors de mes horaires de travail pour penser à ce que je voulais entreprendre, je me suis inscris à des MOOC, etc… Je me disais : « j’adore voyager alors pourquoi pas monter une auberge de jeunesse à l’étranger… Et puis je repense à mes meilleurs souvenirs de voyage, ces moments magiques passés dans mes familles d’accueil au Pérou en 2010, ces rencontres inoubliables avec des artisans sud-américains ou encore la découverte de l’artisanat ethnique qui orne maintenant mon appartement de Nantes.

Je pensais créer un projet autour de l’artisanat ethnique, en valorisant et préservant le savoir-faire ancestral de ces artisans, et ce, dans une démarche équitable. Je souhaitais également que les bénéfices générés par cette activité permettent de financer des actions sociales et solidaires.

Cependant, je ne me sentais pas avoir les épaules assez solides pour me lancer tout seul. Qui de mieux que Ronan, qui travaillait depuis 2 ans déjà au Vietnam et avec qui j’ai souvent voyagé, notamment lors de notre premier voyage en 2010, au cours duquel nous avons construit une crèche dans un des bidonville d’Arequipa.

En quoi consiste ton travail chez N’go ?

Avec mon expérience professionnelle en cabinet d’expertise comptable, je m’occupe de la gestion administrative et financière de l’entreprise. Je suis également responsable de la commercialisation de la marque, que ce soit sur notre e-shop ou auprès des magasins.

As-tu revu ta façon de consommer depuis quelques années ?

J’avais déjà adopté une démarche plus éthique sur l’alimentaire, en consommant bio, local ou équitable. Depuis la création de N’go, j’ai élargi cette démarche aux cosmétiques ainsi qu’à la mode. Dans un premier temps, je me suis rendu compte que les vêtements que j’avais étaient suffisants. Plutôt que d’acheter des vêtements neufs, j’ai acheté en fripe pour recourir aux vêtements de seconde main.

« Maintenant, j’achète moins mais mieux. Des vêtements, peut être plus chers, mais plus éthiques et plus qualitatifs, qui durent plus longtemps dans le temps. »

Je porte par exemple les pulls de la marque JOSE. Et bien sûr, depuis nos premiers échantillons je ne porte que des N’go 😉

N’go a bientôt deux ans, que retiens-tu de ce début d’aventure d’un point de vue personnel ?

De l’humain, car avant tout N’go est une aventure humaine. C’est un projet qui a débuté avec notre cercle proche avant de prendre une plus grande ampleur. De l’humain, avec les artisans, nos fournisseurs et nos partenaires avec qui l’on tisse des liens forts, avec les enfants à qui on permet l’accès à la scolarisation et globalement avec toutes les personnes qui travaillent avec nous.

Il y a quelques temps je travaillais pour les entrepreneurs mais c’est depuis la création de N’go que j’ai réellement appris et compris la vie d’entrepreneur : une vie palpitante où l’on apprend tous les jours, dans tous les domaines, sur tous les sujets, avec bien entendu des phases de stress et de pression qu’il faut savoir gérer mais qui font partie intégrante de cette belle aventure.

Je suis fier de l’évolution de N’go et de la contribution que l’on apporte.

Grâce aux milliers de personnes se baladant maintenant N’go aux pieds, c’est tout un cercle vertueux qui s’est mis en place.

« Plus l’activité se développe et plus nous pouvons créer de l’emploi au Vietnam mais aussi en France, faire vivre un nombre croissant de femmes vietnamiennes de leur savoir-faire ancestral et construire davantage d’écoles au Nord Vietnam pour permettre la scolarisation à un maximum d’enfants. »

En cela, N’go constitue un tournant majeur dans ma vie.